Ministry of Lost Things, Finders Keypers : quand l'enquête s'intéresse à tes clés perdues

Où vont les chaussettes disparues et les clés qu'on jurerait avoir accrochées au mur ? Dans un monde parallèle, et c'est là que commence l'enquête.
Un soir, sur la table de la salle à manger, j'ai ouvert la boîte de Finders Keypers et j'ai bien failli la refermer aussitôt. J'étais seul, trop fatigué, incapable de m'y lancer correctement. J'ai remis le couvert un autre soir, l'esprit plus frais, et là, ça a pris. Cette deuxième enquête de la série Ministry of Lost Things, éditée par PostCurious, demande de la réflexion, et elle ne pardonne pas les cerveaux en veille.
Éditeur : PostCurious
Distribution : PostCurious, également disponible chez Allplay
Auteurs : Rita Orlov, Mark Larson, Chelsea Stark
Illustratrice : Nicole Gustafsson
Joueurs : 1 à 4
Durée : 2 à 4 heures annoncées, plus de 4 heures chez moi, étalées sur plusieurs séances
Âge : 14 ans et plus
Langue : anglais, avec un crayon et un appareil connecté
Un univers cosy, loin du crime
Tu deviens éclaireur au Department of Returns, le service du Ministry of Lost Things chargé de rapporter à leur propriétaire les objets égarés. Ils échouent dans l'Elusiverse, un monde parallèle fait d'objets oubliés et de souvenirs, et cette fois, tu aides Jenna à réunir ses clés et ses porte-clés avec son mousqueton Cari. Les clés sont le fil rouge, jusque dans les jeux de mots. Chaque enveloppe renferme des documents à manipuler : pages de journal, autocollants, cartes postales, le tout illustré avec beaucoup de chaleur. Pas besoin d'avoir joué la première enquête, la Case 2 se suffit à elle-même.
Pour moi, c'est là que le jeu se démarque. On est loin des Unlock et des enquêtes criminelles habituelles, comme Suspects : Claire Harper. Ici, personne n'est mort, personne n'est suspect, et c'est franchement rafraîchissant.
Ce que j'apprécie aussi, c'est l'univers : totalement fantastique, mais pas dans le style vampires et loups-garous. Ici, on est dans le surréalisme, avec un monde parallèle qui récupère nos objets perdus. Ça ne peut que plaire à un Belge, pays du surréalisme.
Comment ça se joue
Le jeu avance par enveloppes. Tu en ouvres une, tu lis, tu manipules, tu cherches, puis tu te connectes au portail web du Department of Records pour répondre aux questions de cette enveloppe. Si tout est juste, tu es invité à ouvrir la suivante. Le portail reste discret : tu n'es pas rivé à ton écran, la connexion se fait par un lien reçu par courriel, et ta progression est sauvegardée. Un système d'indices par paliers est là si tu coinces.
Les énigmes mélangent chiffrements, logique, jeux de mots et repérage de motifs. Je ne te dévoile rien, mais je retiens les décodages avec les cartes de l'énigme 2, vraiment amusants. Et la difficulté monte : plus tu avances dans les enveloppes, plus ça se corse. C'est un vrai crescendo.
Ce qui fait mouche
À l'ouverture, j'ai d'abord été surpris par la petite taille de la boîte. Puis j'ai soulevé le couvercle et j'ai vu qu'elle était très bien fournie : tout ce qu'il faut pour cinq enveloppes d'énigmes tient là-dedans, sans une once de vide. Le matériel est de belle qualité, et on sent un vrai travail éditorial : papier, illustrations, mise en page des documents, tout est soigné. Pour ce qu'on a dans les mains, le prix me paraît très abordable.
Côté contenu, il y a d'abord la narration : une vraie histoire, portée par des documents qui te donnent l'impression de fouiller dans le dossier de quelqu'un. Ensuite, les jeux de mots, qui m'ont globalement amusé et qui sont partout. Enfin, les énigmes sont variées, et l'ensemble tient la route d'un bout à l'autre.
Ce qui coince
Il y a l'anglais. Pour moi, la barrière est moyenne : on s'en sort, mais les calembours demandent un vrai confort dans la langue, et ils sont au cœur du jeu. Il y a aussi l'essai-erreur : l'énigme des motards est chouette, mais elle m'a frustré, j'ai beaucoup tâtonné avant d'en venir à bout. Enfin, le jeu demande de la réflexion, donc évite de le sortir un soir où tu n'as plus de cerveau disponible, comme moi la première fois.

Un conseil, aussi : comme il y a une vraie narration, je te recommande de le faire en deux séances au maximum. Chaque enveloppe a ses propres questions, donc reprendre ne pose aucun problème, mais plus tu fragmentes, plus tu dilues l'histoire. Quant à l'usage unique, quand tu te lances dans ce genre de jeu, tu sais que c'est un one shot, donc ça ne m'a pas gêné. Et la boîte contient de quoi remettre le jeu à zéro : tu peux le réinitialiser pour y rejouer, le prêter ou l'offrir.
Verdict
C'est un oui franc pour les amateurs de puzzle narratif qui ont envie de sortir des sentiers battus d'Unlock et de l'enquête criminelle, et qui aiment qu'une énigme raconte quelque chose. C'est un non pour ceux qui ne maîtrisent pas du tout l'anglais. La bonne nouvelle, c'est qu'Open Sésame Games envisage une version francophone de certains titres, sans que l'on sache encore lesquels, ce qui ouvrirait la porte à tout un public.
Ma note : 9 sur 10. Rafraîchissant, très qualitatif, abordable : j'ai déjà envie de faire les autres enquêtes. Si le narratif sur table t'attire, tu peux aussi jeter un œil à mon avis sur Lost in Adventure ou sur Cartaventura.





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